De meilleurs lendemains (27 photographies - 18 archives - 1 film - 4 enregistrements audio)

Ce travail bénéficie de l'accompagnement de Ferit Düzyol FD+, commissaire d'exposition et consultant en photograhie.

 

Menottés deux par deux, ils sont 31 prisonniers gardés par 18 gardiens mitraillettes à la main ©Gilles Mercier

Cet opus se déroule à Compiègne Royallieu, camps au sein duquel mon grand-père fut prisonnier du 21 mars au 06 avril 1944 avant son départ en déportation pour Mauthausen. 

 

Le 20 mars 1944, Pierre fait partie des 31 prisonniers politiques au départ de la gare de Clermont Ferrand. Il repense au 158 jours d’ internement à la Prison Militaire 92 de Clermont-Ferrand qu’il vient de quitter,  épuisé. Il y a perdu 10 kilos. Officiers de renseignements du réseau Mithridate et chef régional des maquis d'Auvergne R6 section combat, Pierre dit "Maxime" fut recherché pendant plus d'un par la Gestapo avant d'être dénoncé puis arrêté en ville de Clermont Ferrand le 16 octobre 1943

 

Le 21 mars 1944, après avoir traversé Paris au petit matin, leur destination sera le camps de Royallieu, dans les faubourgs de Compiègne. 


Si aujourd’hui, seuls 3 bâtiments demeurent intacts, j’ai pu prendre dès mon arrivée sur le site la mesure de la vie au sein de ce stalag qui fut témoin du passage en son sein de plus de 54000 prisonniers. Là-bas, j’ai trouvé le nom de mon grand-père sur le mur de noms, j’ai vu le bâtiment A3 encore intact où Pierre a vécu pendant 17 jours jusqu'au 6 avril 1944. Les correspondances écrites par Pierre à sa soeur Madeleine (seul membre de la famille en France, ma grand-mère et ses enfants étaient restés en Tunisie pour des raisons de sécurité), afin de partager ses préoccupations et ses besoins me servent de fil rouge et m'accompagnent pendant cette immersion.

 

Il est 10 heures, le train quitte la gare pour Mauthausen où Pierre perdra toutes ses illusions ©Gilles Mercier

Pierre n'a pas été désigné pour le peloton d'exécution, mais il n'a pu s'évader du camps. Le 6 avril 1944, au petit matin, il fait partie du rassemblement de ceux qui partent. 1489 hommes rejoignent en colonnes la gare de Compiègne par les rues désertes de la ville, le pont sur l'Oise, avant l'embarquement dans les wagons.

 

Un train les attend, composé d’une douzaine de wagons à bestiaux. Chacun est encadré par un wagon de voyageurs réservé à l’escorte militaire allemande et par deux wagons plateformes équipés de mitrailleuses. Les Allemands forment des groupes d’environ 80 hommes qui attendent en silence durant  près d’une heure l’ordre d’y monter.

 

Mon grand-père continuera à résister malgré toutes les souffrances endurées à Mauthausen, jusqu'à son exécution le 2 septembre 1944.

 

 

 

SOURCESClaude Mercier, Manuscrit «Capitaine Maxime» ©Gilles Mercier, André Poirmeur, «Compiègne1939-1945», Archives départementales de L’oise, Fonds d’archives photographiques Hutin Photographies, Les dossiers de mémoires Vives, Service Historique de la Défense, Manuel Rispal, «La libération désirée», «Le patriote résistant», Livre-Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Mémorial de la déportation de Compiègne Royallieu.

 

CONTACT Email : gillesmercier75007@gmail.com

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Créditsphotos©GillesMercierPhotographe