Erigé en 1914, les bâtiments du futur camps de Royallieu servent de caserne et d’hôpital mais dès le 19 juin 1940, les Allemands y installent un Stalag où sont enfermés les prisonniers français et anglais de la campagne de France. Puis, en 1941, les Allemands décident d’en faire « un camp de détention de la police », le Frontstalag 122. Ce fut pour mon grand-père, comme pour bien d’autres une étape de courte durée. Il restera 17 jours dans le Bâtiment A3 sous le matricule 29924. Durant cette période, il continuera à correspondre quasiment chaque jour avec sa sœur Madeleine qui n’a pu venir le voir.

 

©Photo Hutin / camps de Compiègne Royallieu 1942

 

 

Mon travail documentaire en basse lumière tend à retranscrire le quotidien oppressant qu'a pu connaître Pierre et l'ensemble des prisonniers. En sondant la mémoire des lieux, il s'en dégage néanmoins une ambivalence car le camp de Compiègne Royallieu fut également perçu comme une halte de repos par de nombreux hommes ayant enduré des épreuves éprouvantes d'emprisonnement et d'interrogatoires auparavant.

 

©Gilles Mercier / Correpsondance Pierre Mercier 25 mars 1944

 

Ce sont ainsi 10 messages qui parviendront à Madeleine et dans lesquels il aborde toujours ses quatre préoccupations concernant sa famille qu’il sait sans ressources financières, la sécurité de ses amis restés dans les maquis, sa santé en demandant des vitamines qui lui permettraient de tenir le coup s’il part en camp, sans oublier enfin un paquetage de vêtements chauds ne sachant pas quelles sont les conditions horribles qui attendent, dès le départ, tous ceux qui partent en déportation.

 

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