L'élégance de vos absences (En cours de réalisation)

 

Le 20 octobre 1942, un navire quitte le port de Tunis pour Marseille. Le capitaine Roger  Mercier est à son bord.

Il vient juste de de terminer son temps de commandement d'une batterie au 62è RRA. Un télégramme arrive le même jour de Vichy, Ministère de la guerre, rédigé en ces termes :

"Embarquement par priorité. Premier bateau" (Claude Mercier / Capitaine Maxime)

 

1937 SRCFH Saint Henri / Camp de Bou-Ficha/ Tunisie

 

Alors âgé de 9 ans son fils Claude, mon père, du alors endurer angoisse et silence jusqu'au 26 avril 1948 où il connaîtra le sort réel de son père, le Capitaine Roger Mercier dit "Maxime" :

Le 2 Septembre 1944, Pierre Roger Mercier, alias Capitaine MAXIME chef des maquis d'Auvergne, est assassiné au château de Harteim, Kommando du camp de concentration de Mathausen.

 

« L'angoisse qui vous ronge de ne rien savoir, de ne pouvoir se représenter la vie de celui qu'on aime, exposé aux dangers en territoire ennemi ; angoisse en imaginant ce qui a pu être enduré dans les maquis, au cours des interrogatoires et des tortures » (Claude Mercier / Maxime)

 

 

Mais ces seules données « administratives » relatives au décès du capitaine Maxime ne pouvaient constituer le fondement d'une mémoire à bâtir au milieu du silence.

 

« Vint la quête de la mémoire, en l'absence de souvenirs qu d'autres ont en surplus.
Mémoire que je ne rattraperai jamais et dont l'absence à souvent fait de moi un révolté.
J'ai sublimé l'attente, le silence, l'angoisse et la solitude pour faire vivre l'absent, malgré tout. »
(Claude Mercier / Maxime) 

 

 

 

Il aura fallu au petit Claude 70 ans de recherches et de travaux pour parvenir à écrire un essai dont le but est de retracer cette vie au service de la France et de laisser ainsi une empreinte de son père, de mon grand-père.

 

Ce n'est qu au crépuscule de sa vie en 2012, que mon père, le Colonel Claude Mercier me transmit "la mémoire de notre famille".

 

 

Je pris conscience que tout au long de sa vie, mon père rencontra de nombreux obstacles à ce travail mais connu également de magnifiques « compagnons de route », que ce soit au Prytanée Militaire, durant sa carrière d'officier ou enfin durant ses fonctions de secrétaire général de la Fondation Pour la mémoire de la Déportation.

 

Parce que je pense me reconnaître en ces deux hommes,

Parce que cette histoire transgénérationnelle fait écho à de trop nombreux parcours de vie fracassés par les conséquences de conflits armés passés ou actuels.
 

J'accompagnerai cet hommage rendu, car je leur dois celui que je suis devenu.

Un travail au long cours, mêlant illustration, photographies et écrits afin de pouvoir éditer un livre - coffret en 2018-2019...A suivre prochainement sur les réseaux sociaux notamment.

 

 

A Michèle T , à Elisabeth Mercier
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Créditsphotos©GillesMercierPhotographe